dimanche 25 novembre 2007

Loki est un type des années 70

DeLorean Musique



Des années que je me répète cette évidence: "Tu t'es fait enfler mon pote! T'aurais du naître dans les 70's!" Le mythe est vivace, ancré profondément dans le fion de la "génération sacrifiée" à laquelle j'appartiens. Histoire de dire qu'on l'a dans l'cul. Et que ca fait mal. Dans le livre d'histoire de notre imaginaire, à la page 70, on trouve de jolis mots: libération, musique, sexe, fêtes, rock, funk, espoir... 20 pages plus loin, voici ceux avec lesquels il a fallu écrire nos biographies personnelles: chômage, sida, dépression, FN, inflation, crack, gueule de bois... Un seul mot pour éclairer vraiment la génération Loki: hip-hop. Mais ça, ils ne le comprendront que dans quelques années, quand le fantasme rock aura fini d'irradier les rétines des élites culturelles. Ca prendra du temps...
Et quand Loki a envie de s'y croire, dans ces années 70 qui lui ont échappé, il s'envoie à fond de volume le dernier album de Sharon Jones & The Dap Kings. C'est une faille sonore. Une DeLorean musicale. Comme si Woodstock avait eu lieu hier et que Jimmy, Janis et Jim n'étaient pas morts pitoyablement dans un monticule de poudre, d'alcool et de vomi. Comme si la fête ne s'était pas arrêtée. Plus de 20 ans que Sharons Jones traîne sa voix divine sur les sonorités souls les plus raffinés. James Brown, Maceo Parker et tant d'autres ont profité du timbre de velour de cette choriste de luxe. Il aura fallu qu'elle rencontre les Dap Kings, formation de vétérans aux instruments patinés par le temps, habités par les dieux de la funk, pour qu'elle rencontre enfin la reconnaissance. Les Dap Kings sont notamment responsables du son des meilleurs titres du dernier Amy Winehouse. C'est dire la puissance de feu de ces tontons grooveurs. L'album devrait rapidement offrir à ces anciens la gloire qu'ils méritent. Allez jeune, offre toi un petite virée dans le temps, avec le clip du somptueux 100 days, 100 nights. Sors ton cuir cintré, ton "pattes d'eph", va cueillir quelques fleurs dans le square d'Anvers, en évitant les seringues de tox, choppe toi un bon buvard de LSD, ressort Hunter Thompson de ta bibliothèque, et rêve, toi aussi, que tu es né en 1970.

100 Days, 100 Nights


Bonus: la vidéo de Dropped in to see what condition my condition was in, reprise d'un titre écrit par Mickey Newbury, chanté par Kenny Rodgers, bien connu des amateurs de Big Lebowski.


Double bonus: un live ravageur, histoire de capter précisément de quoi on parle.


Triple bonus: T'y es jeune? Alors prend cette dernière vidéo dans ta tronche. Sharon Jones frappe à la porte de l'oncle Bush. Et elle est très remontée. "Is Bush in here?" Huge. Très huge.

1 commentaire:

Jérôme a dit…

Ben, tu vois mon petit chou, je vais peut-être t'étonner, mais je suis pas d'accord.
Les 70's, c'était une parenthèse de l'histoire qui se ferme, une sortie d'Eden à coup de pompes dans le cul, une époque bénie, insouciante parce que le consommateur moyen se prenait encore pour un hippie, ils se croyait libre dans son pantalon qui lui écrasait les burnes. Mais la liberté, c'était 68, ça n'a duré qu'un mois, le temps de dire : "on est libre" et c'était déjà terminé, enterré, ratatiné.
Déjà, ils fonçaient têtes baissés vers notre époque. Pardonnez-leur, ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient.
Repents-toi Consommateur ! Expies tes fautes, saloperie dégénérée, résidu de taga égaré dans les replis d'un anus. Car le monde va te chauffer le derche cuisson saignante.
Nous sommes la génération sacrifiée ? Qui sait, la prochaine pourrait bien être ravagée. Mais bon, comme disait Desproges "Vivons heureux en attendant la mort".