lundi 24 novembre 2008

Loki a eu un Bug

Code binaire en vrac. Série de 0, plus de 1. Le disque dur est un vinyle. Et il s'est rayé. Feuille trop blanche, comme les nuits, même plus envie de la souiller. Vacuité littéraire. Message d'erreur. Rafraichir? Non, toujours rien. Loki a eu un bug. Et c'en est un autre qui l'a réveillé.
The Bug. Derrière ce nom apocalypse de l'an 2000 se cache Kevin Martin, musicien londonien donnant dans la dustep minimale. A moins que ce soit le jazzcore. Ou le trip-hop. S'en fout, Kevin fait de la bonne musique, quelque soit son nom. Il a sorti en septembre un second album sous le nom de The Bug. London Zoo. Une furie. Electro sombre et métallique percutée de flows de rudeboys énervés. Racines jamaïquaines entravées dans le béton. Le passé casse la gueule au futur. Ou l'inverse. On ne sait plus trop où on est, aux confins de la modernité sans doute, là où elle hurle qu'elle n'est qu'un leurre. Dans le mur donc. Roué, à ses pieds. Où les MC déchainés crachent leur colère dans la lumière crue des gyrophares. Oui, ça existe encore. Pas dans le rap, non. Là, dans le zoo londonien.
C'est le Bug. Rallume tout.

Skeng. Flow Dan et Killa P. Comme une incantation finale, oraison sur un horizon funèbre.


Judgement. Avec Ricky Ranking. Après l'oraison, le jugement dernier. Tu chiales pas encore?
Judgement ft.Ricky Ranking - The Bug

jeudi 5 juin 2008

Loki est un super vilain.



Un vrai, du genre couillu cornu avec collant et slip en peau de reptile. Jaune et vert, un peu ambiance Jamaïca en nettement moins chaleureux. Queue de cheval de p'tit enfoiré derrière le crâne. Et un cheptel de pit-bulls des enfers à ses côtés, genre combats clandestins dans les caves du Walhalla. Il fallait bien faire la lumière sur les origines du mystérieux Loki, qui hante la toile depuis bientôt un an. Alors voilà le jeune, maintenant tu sais. Loki est un super vilain.
Hommage au personnage mythique qui a inspiré le maitre de ces lieux. Dans le grenier du parrain, un plein carton de comics venait projeter sur les rétines un imaginaire flamboyant, exotique, lointain. Les super héros US, arme de distraction massive à la gloire de l'oncle Sam, type Captain America, bandent des muscles triomphants au visage de l'ennemi. Degré premier de la fantaisie, facile, accessible. Des types médiocres deviennent géniaux en portant des collants. Des crétins se déguisent en portant des lunettes. Des abrutis bas de plafonds grimpent aux murs après une morsure d'araignée. Self made mens absolus, mythe de l'incarnation, de la réincarnation, rêve américain travesti. Et dans ces BD mal foutues, au côté du grandiose Thor, sorte de charpentier écrabouillant des immondices à grands coups de marteau électrifié, un vilain bien tordu saute aux yeux, crève la bulle. Un vrai sale type, concentration de tout ce que n'est PAS le super-héros: fourbe, laid, cynique, calculateur, mytho, pourri au dernier degré de la putréfaction. Un super vilain. Comme nous. Adoration immédiate. Et nom qui claque: Loki.
Au départ, Loki est un dieu de la cosmogonie nordique. Proche parent d'Odin, sorte de DG des dieux. On les dit tantôt frères, tantôt cousins. Peu importe. Il est lié à la puissance parfaite. Il en est le contre balancier. De fait, c'est autour de Loki que tournent quasiment toutes les histoires de la mythologie nordique. Il vole le marteau de Thor, ment, tue, trompe les autres dieux qui ne jurent que par sa perte. Mais il les sort aussi de situations inextricables, comme lorsqu'il défait le géant ayant construit un mur autour d'Asgard, la bicoque d'Odin. Sa fin est édifiante. Au terme d'une ultime fourberie les dieux décident de l'attacher à trois rochers. Au dessus de lui, perché sur un arbre, un serpent déverse en permanence sur son corps un venin chaud qui ronge sa peau. Pour le protéger, sa femme Sigyn recueille le mortel liquide dans une coupe. Mais quand celle-ci est pleine, le poison brûle le pauvre Loki. Et ses hurlements de souffrance déclenchent de terribles tremblements de terre...
Un son en hommage à Loki? Put You On Game. Lupe Fiasco. Ok, on est loin de Black Sabbath et le petit Lupe n'a rien de l'antechrist. Pourtant, ce morceau est une ode diabolique au mal le plus pur en même temps que son meilleur titre. Sur un son sombre, violons chialants et lancinants, ponctué de détonations, Lupe rap en diable. Satan avec un micro fourchu, il envoie un texte parfait en forme d'incantation. On connaissait les talents du bonhomme, souvent sous employés sur des productions ronflantes. Là, c'est d'un tout autre niveau. Une orientation maléfique qu'il ferait bien d'emprunter à nouveau. Le mal lui va bien. Les deux dernières rimes, écrites dans un sang d'encre, claquent comme une implacable sentence:"If you die, tell them that you played my game/ I hope your bullet holes become mouths that say my name."
Voici Lupe, pour Loki. Super vilain. Bouh!


Ce texte est tellement diabolique que je le mets en lien. Là.


Gigantesque dédicace au parrain et à son mythique carton de comics.

lundi 2 juin 2008

Loki a une gueule d'Atmopshere




La tronche d'un p'tit blanc métissé par le pavé, basané par l'amitié, froncé par une musique saccadée. Comme si on avait une couleur... Loki a une gueule d'Atmosphere, le plus increvable des combos hip-hop blancs. Slug et Ant, le duo magique de Minneapolis remet ça avec, sans doute, l'album le plus abouti de leur longue carrière. Un titre méta-foirreux pour commencer, When life gives you lemons, You paint that shit gold. Long, sympa, non sens. A l'intérieur, c'est juste magnifique. De tous les groupes qui ont fait explosé, début 2000, la scène indépendante blanche, type Anticon, Sage Francis, Buck, Cage, Atmosphere est le plus cohérent, le plus inventif, le moins chiant, aussi. Il faudra un jour se pencher sur cette manie des rappeurs blancs à raconter leur déprime à longueur de textes. Les MC aspirine, passent, pour la plupart, leur temps dans l'introspection quand leurs collègues noirs garent leurs rimes bien loin de leur intérieur. Comme un manque de pudeur, une facilité à débiter le mal être. Ou alors une sorte de pulsion légitimiste, comme une manière de dire "Putain les gars j'ai le droit de rapper, je vais super mal!!!" Bien sur, je grossi le trait comme un fat cap. Mais on est quand même pas loin des séances de psy sur beat.
On s'est lassé. Mais Atmosphere est resté. Parce que Slug, le rapper dépresso, est accompagné d'un sacré compositeur. Je sais, on dit producteur normalement. Si si, dans le hip-hop, y'a pas de compositeur. Parce qu'un type qui sample ou joue uniquement de la machine numérique, ça peut pas être un compositeur ma bonne dame. Et non. N'empêche, Ant, deuxième moitié du duo, est un putain de compositeur. Du genre à recomposer des boucles tirées de nulle part, à bidouiller des mélodies parfaites, à faire chanter le plus lourdaud de synthés. Avec lui, les rimes taillées dans un poignet de Slug deviennent presque légères. Il tranche la sinistrose, écrase le cafard à coup de basses bien énervées. L'alchimie est parfaite.
Là dessus, Slug narre. Un peu "Raconte moi des Histoires" version trash. Ici une pute affamée, là une serveuse paumée. Souvent, il parle de lui, même quand il parle des autres. De son ex, Lucie, qui hante ses maux. La plume est précise, fine, sombre, évidemment. On écoute. Puis on écoute. Et enfin, on écoute. La chute est toujours implacable. Un film sonore, avec juste un générique. Putain d'Atmosphere.

Live parfait, si ce n'est la choriste, au show de Connan O'Brien. Le morceau, You, est l'un de plus réussis du dernier album. Slug raconte la vie flinguée d'une serveuse dans un rade bien mal famé. Normal que la belle finisse par le croiser:


La vidéo de You Shoulda Kown. Archétype parfait de l'art de Slug. Mal de crane, vue trouble, filles maigres, drogue, alcool. Luxe, rap et foncedé.


Your Glass House. Attention, chef d'oeuvre. Son sur-pression et rimes éthyliques. Slug tutoies et tue. Tu te réveilles d'une vilaine nuit, la gueule au fin fond de ton fion, un cendrier dans la gorge, de l'alcool plein les veines. Et tu ne sais pas dans quelle saloperie de baraque tu te trouves. Mais où es-tu? Avec qui? Slug a la réponse. Ecoute:





La photo d'ouverture est tirée du superbe travail de l'artiste chinois Li Wei.

Note: Atmosphere, acoompagné de Brother Ali, est en concert le 28 juin au Batofar.

lundi 19 mai 2008

Loki suce encore Lollipop



Qu'est-ce qu'il y a de meilleur que le meilleur morceau de 2008? Son remix par Kanye West! Le Don Louis Vuitton s'attaque au Lollipop de Lil Wayne avec un auto tune sous le bras et en fait un sur-hit encore plus monstrueux que l'original. La sucrerie devient mortelle, pomme empoisonnée, sucette au scorpion. Pour l'occasion, Weezy rajoute quelques rimes scintillantes en poussant sa voix comme jamais. Le morceau a des allures de combat de maîtres. Panthéonesque. Kanye chante quasiment, parle de son vaisseau spatial, clame et re-clame qu'il est "the best thing in the world". Young Money débite des rimes insensées, sans le moindre fil conducteur si ce n'est celui, en or massif, de son propre génie. Le titre a créé une fusion volcanique sur toute la blogosphère. Le son s'écoule comme de la lave incandescente et brûle la toile. Combi ignifugée avant d'appuyer sur play:
Lollipop-RMX (ft. Kanye West) - Lil Wayne

Loki veut une Batmobile



Comme le petit veinard qui vient de se payer l'improbable joujou sur Ebay. 500 000 dollars pour garer devant son pavillon pourri le bolide du deuxième épisode de la série, époque Burton, Keaton, De Vito, Walken, Pfeifer. Rien à dire, c'est la très grande classe. Un mythe avec des roues. Impossible de conduire l'infernale machine sur les routes, évidemment. Pas grave, une Batmobile, ça se lustre, ça se mate, ça se pilote pas. Manquerait plus que l'enfoiré de Joker fasse une rayure au bijou. Gotham est mal-famée, Batman reste dans son canapé. Dark Knight sort bientôt. On sortira le costume SM pour l'occasion.
Le mythe 90's fait surgir cette puissante question dans le petit cerveau attardé de Loki: la Batmobile est-elle plus rapide que la Delorean? Sur, la tire de Bruce Wayne a du cheval sous le capot et en vitesse pure, elle écrase la carlingue de McFly. Mais la Delorean peut effectuer un saut en avant de quelques secondes pour disparaître en un éclair, derrière deux trais de feux, et réapparaître à quelques mètres de la ligne d'arrivée pour souffler la victoire. Diable, épineuse interrogation que voilà...
Demain, un long post politique très engagé et très informé. Demain...
En attendant, Hurricane Chris et son Batman Riddim. A glisser dans le poste de ta Fiesta pour te croire, toi aussi, dans ta Batmobile:

vendredi 9 mai 2008

Talkin' Tumi


Tumi parle. En rythme, en rimes, lentement, vivement, gravement, en chantant, en criant, en dansant, en riant. Tumi parle. De lui, d'eux, d'elle, de vous, de nous. De l'Afrique surtout. Tumi parle. Sur la musique enivrante d'un groupe bien nommé. The Volume. Rien à voir avec la puissance sonore. The Volume, c'est un espace. Large, ouvert, sans frontière, gigantesque. Qui trouve ses fondations à Johannesburg mais dons les contours embrassent tout le continent, pour s'échapper vers l'Amérique et l'occident. Tumi parle. Verbe clair, rimes précises, sans gravité, mais toujours engagé. Tumi parle pour dire. Et rien n'est jamais gratuit.
Ce 6 mai 2008, Tumi parle à la Goutte d'Or. Espace Fleury. Un nouvel écrin pour la musique mondialisée dont Tumi et son groupe sont de parfaits ambassadeurs. Dans un quartier qui mérite un tel honneur. Petite salle, son parfait, atmosphère intimiste, Tumi régale. Jovial et partageur, il lance ses rimes avec une incroyable aisance et guette les réponses de son public. "Do you wanna be a part of the beat?" envoie-t-il dans l'obscurité. Et cent bouches en coeur de répondre "I wanna be a part of the beat!" De mémoire de concert, on a rarement entendu gimmick plus accrocheur. Alors c'est parti, on est sur la scène avec lui, à parler, nous aussi, par ses mots, par sa voix. Bouger, danser, vibrer. L'imparable "The floor" lance la party et les pieds frétillent déjà. Impossible de rester impassible. La basse trampoline fait sauter les culs. La batterie virevoltante fait bouger les têtes. Haut. Bas. Haut. Bas. Oui, Tumi. Communion. Communication. Africa ponctue la démonstration. Un continent entier dans un seul son. On écoute. Tumi parle.


Afrique
envoyé par fannySakifo


Encore. People of the light, du premier album sorti en 2006.


Une autre, une autre, une autre! The Floor. A tomber par terre:


Dédicace à la Trime Team et la Sista.

lundi 5 mai 2008

Araignée homme



En réalité, Spider Man est un extraterrestre envoyé sur terre par une tarentule de l'espace pour répandre une toile maléfique sur notre belle planète avant de dévorer l'humanité comme une vulgaire mouche à merde. Pour se camoufler, il se déguise en ado pleutre, couard, binoclard, nerd au dernier degré, histoire de ressembler à 99% des jeunes de la terre. Mandibule! Ca fait flipper.
Loki a une araignée au plafond. Et la photo d'un tatouage du génial Dan Hazelton (La série "araignée homme" dans la galerie est à tomber par terre, celle sur Las Vegas Parano est également hautement recommandée) a fait grimper la faucheuse à huit pattes dans son petit cerveau. Dan Hazelton, ou comment réécrire un mythe fantastique d'une encre indélébile sur le torse d'un fou furieux. Il n'en fallait pas plus à Loki, dont le pseudo doit beaucoup à l'univers des comics américains, pour tisser un nouveau billet sur la toile mondiale. Et envoyer une rafale de morceaux arachnéens inspirés de ce choc visuel. Pour s'accrocher, au fil des notes et des mots...

Tsssssss! (Bruit d'un méchant jet de toile dans la gueule du Bouffon Vert) Premier morceau, l'inévitable Spiderman par les inévitables Ramones:





Re tsssssss! (Hop, dans l'cul d'Octopus!) System of a Down. Spiders. Pour coller à l'ambiance tatoo. Ca date de 98, avant que les System se mettent à porter des jolies fringues et deviennent chiants:





Re re tsssssss! (Bing, dans les parties de c't'enfoiré d'Venom. Hou j'l'aime pas celui là!) The Flaming Lips, groupe psyché taré amabiance hyppie LSD ballons de lumières jolies couleurs musique planante et titres improbables. Comme ce superbe The Supreme Being Teaches Spider-Man How to be in Love présent sur la BO de Spier Man 3, un navet mais c'est pas grave:





Tsss tsss tssss! La dernière goutte avec Spider Loc et son Blutiful WOrld, rappeur West Coast, membre des Crips et du G-Unit de 50 Cent. Son moyen, mais nom tellement cool: