Et avec Travis Barker, le batteur déjanté de Blink 182, il en a! Le voici dans un remix hurlant du fameux Crank That de Soulja Boy (voir la playlist). Son, image, sueur, tatouages, folie. Attention, ça déglingue.
dimanche 30 septembre 2007
mardi 11 septembre 2007
Loki recherche la fraicheur
(Copyright Grain d'Caf)
C'est la rentrée! Jeune, tu vas pouvoir glisser dans ton cartable quelques albums pour craner à la récrée. Pour choisir tes fournitures, Loki te propose sa liste des titres les plus frais récemment apparus sur la toile. Ca sort du congélo, alors fourre ça dans tes oreilles avant que ça fonde!
Paul Wall et Wonderous dans un remix dirty / cracra de ... Def Leppard! Etrange, bizarre et tellement cool: Pour me some sugar.
Soulja Boy, le petit prince de la Snap Music (basée sur des claquements de doigts et une danse sautillante. Une démo ici, sur le titre Crank That présent dans la playlist de Loki) envoie son tout nouveau titre: Let me get em. Minimaliste, syncopé, taré, génial.
Nouvelle piraterie sur le nouveau Kanye West qui sort aujourd'hui même. Un morceau avec Mos Def, ça ne se rate pas! Ca s'appelle Good Night et c'est tout bon.
Bushonomics. Une bombe incendiaire envoyée dans la face de l'Oncle Bush par un Talib Kweli hyper affuté. Le titre est tiré d'un étonnant projet, celui du professeur Cornel West, philosophe émérite enseignant à Harvard et dont les essais ont profondément marqué la société américaine. Surtout connu dans la communauté noire, il emprunte avec cet opus une nouvelle voie pour faire entendre la sienne (on peut d'ailleurs entendre son timbre de prêcheur sur le troisième couplet de Bushonomics). A journey of street revelations est sorti fin aout aux States et affiche un casting incroyable: Prince, Andre 3000, Black Thought, Rhymefest, KRS 1, Dave Hollister, Daryl Moore, Lenny Williams... On tend l'oreille... Le myspace de Cornel West est ici.
Nouveau Lupe Fiasco: Superstar. Toujours aussi classe et finement produit. Son second opus est prévu pour le 20 Novembre. Dumb it down, premier extrait doté d'une très lourde basse, est disponible dans la playlist.
Attention, le tout dernier Wu Tang vient de débarquer! Watch your mouth! Violent. Le Wu est en forme et dans ce monde qui s'emmerde, c'est une sacrée bonne nouvelle! Personnellement, elle me remet d'aplomb après la très piètre prestation du crew au Zenith en juillet dernier.
Tum Tum, le rappeur dirty à l'étonnante dextérité capillaire, signe un nouveau featuring (avec Grit Boys) qui fait monter sa température de quelques degrés sur mon buzzomètre. Toujours pas grand chose à dire, juste de la bonne vulgarité, des fessiers rebondis et des jantes diamantées. La vie quoi... Ca s'appelle I'm fresh et c'est flex. Le clip est évidemment trrrrrès sympa.....
Lil Wayne et The Game, ça te tente? Et ben voilà, c'est ici: Dope in my blood. C'est visiblement un remix, les couplets ayant déjà été entendus, mais ce morceau préfigure une mix tape sur laquelle collaboreront étroitement les deux super héros du rap jeu.
Bonus: le clip de Sweetest Girl, premier extrait du nouvel album de Wyclef Jean, Carnival II prévu pour novembre. Un titre sympathique à défaut d'être génial, avec Akon, qui devrait éviter les couplets et l'inévitable Weezy.
vendredi 7 septembre 2007
Loki dit merci!
Au plus de 700 visiteurs qui se sont penchés sur ce modeste blog, ouvert depuis près de 4 mois à présent. A l'échelle de la blogosphère, c'est sans doute bien peu. A l'échelle de Loki, c'est énorme. Partager mes émotions musicales et savoir que quelques uns y ont trouvé leur compte, c'est déjà, au delà des chiffres, une grande satisfaction. Alors merci à toi, lecteur (copyright Dubosc), oui toi, le jeune ou le moins jeune, qui lit ces lignes avec attention, sur l'ordinateur du bureau, entre deux visites du boss, ou sur l'écran familial, une clope à la main. Saches, lecteur, que Loki t'aime. Et ça, c'est important (copyright Jib). Une dédicace toute particulière aux plus réguliers d'entre vous: Lolo, Sista, Tzim, Soso, Ju, Pepito, Doro, Luciano, Larry Bird, Le Chafouin, Benj (Watch my feet!), Amely, Céline, Titi, Jé, JP (Merci pour le soutien!), Eva, Catherine, Balibulle (Merci pour le déclic), Princesse (J'attends un nouveau commentaire...), Ares, Nanass, T.O., au mystérieux lecteur de Courbevoie et tous les autres. Un remerciement à ceux qui ont laissé des commentaires, c'est ma seule rétribution. N'hésitez jamais, ne serait-ce que pour laisser une trace de votre passage. Le blog n'en est que plus vivant. N'hésitez pas non plus à faire circuler au maximum l'information et à donner l'adresse de Monsieur Loki à tous ceux qui cherche des bons mots sur du bon son.
Pour fêter ça, une playlist a été ajoutée à la page, directement écoutable sur le site. L'occasion d'aller un peu plus loin dans l'échange et la découverte. Elle sera régulièrement actualisée (Elle contient 24 morceaux en tout, il faut descendre dans la liste avec les boutons du lecteur pour écouter les suivants). Du très frais et du très classique. Enjoy!
mercredi 15 août 2007
Loki écoute en rotation permanente ... Lil Wayne.

Pour foutre le feu y'a pas qu'l'essence
(copyright Lunatic)
Y'a aussi Lil Wayne, le rappeur qui fait "shhhhhhhhiii" quand on pose le doigt dessus! Tellement bouillant que son nom suffit à enflammer n'importe quel titre. La liste de ses dernières collaborations est plus longue que celle des candidats au grand voyage prévue par Hortefeux (un doigt pour lui). Kelly Rowland, DJ Khaled, Robin Thicke, Ja Rule, Fat Joe, DJ Unk, Nelly Furtado, David Banner, Kayne West et tant d'autres ont fait appel à ses services. Pas un seul remix sans que celui qu'on appelle Weezy n'y pose une voix plus écorchée que le visage de Castor Troy dans Volte Face. A chaque fois, le résultat est le même: buzz incandescent, ventes décuplées.
Dwayne Michael Carter est né en 1982, les deux pieds dans la merde avant même de savoir marcher. Hollygrove, quartier le plus pourri de la Nouvelle Orléans. A l'échelle de la planète, ça te place sans doute quelques échelons au dessus des pires bourbiers noirs africains, mais guère plus haut. Fils unique, fils seul. Père lointain, bientôt mort. A onze piges, Wayne n'a déjà qu'une seule obsession: le rap. Il écoute en boucle les productions du label Cash Money, le plus célèbre de la ville, tenu par une certain Brian Williams, également appelé Baby ou Birdman. Lors d'une séance de dédicace, le gamin lâche un méchant freestyle à la gueule du boss. Postillons dans la face. Choc. Williams lui propose une formation accélérée. Wayne quitte le domicile familial et suit la troupe Cash Money sur les routes. Il passera quasiment toute son adolescence dans le bus du label, entouré des stars de l'époque : Pimp Daddy, Lil Slim ou encore UNLV. Il est à peine pubère et respire à pleins poumons les volutes d'herbes, les odeurs d'alcool et les fragrances de chattes des groupies qui défilent dans le véhicule. Belle jeunesse. Conséquence: il s'offre un rejeton dès ses 16 ans. En 1997, il intègre le groupe Hot Boys avec, notamment, Juvenile. Le succès est important, le groupe explose rapidement. Lil Wayne tatonne encore, se cherche, mais fait déjà preuve d'une aptitude impressionnante à débiter des punchlines hyper percutantes. Au fil de ses collaborations et de ses sorties solos, son style s'affine. Sa voix, éraillée par les multiples excès, griffe le beat, roule dans les graves, grince dans les aigus. Il devient maitre du freestyle et de l'égotrip. Ses textes bourrés de métaphores totalement allumées emportent très haut l'auditeur.
Son second solo, Tha Carter II, sorti en 2005, s'est vendu dans les rues comme des p'tits pains de shit. Et il comporte certaines des plus grosses tueries que le rap ait livré ces dernières années: Hustler Musik, Fireman, Money on my mind, pour ne citer qu'eux. Depuis, il n'a cessé de progresser. Installé à Miami après le passage de Katrina sur la Nouvelle Orléans, Weezy ne sort quasiment plus de chez lui, couvre son corps de tatouages insensés (deux larmes sous les yeux et l'hallucinant "I Fear God" sur les paupières), se gave de substances abrasives, enregistre morceau sur morceau et pousse ses qualités rapologiques à un autre niveau. Un niveau jamais atteint? Peut être bien. Lorsqu'on lui parle de vacances, Young Money (l'un de ses nombreux surnoms) lache un rire glaçant: "Des vacances? Mais ce sont des putains de vacances! Je suis là dans cette superbe baraque, je me lève la nuit, j'enregistre deux trois bombes, je me défonce, je me fais sucer et puis je retourne au studio. Où tu veux que j'aille?!" Sa dernière mix tape (Da Drought is over, à se procurer absolument) a livré quelques indices sur la suite de sa carrière. Et c'est tout bonnement impressionnant. Prostitute Flange, balade amoureuse trash et déglinguée ("je t'aimerais même si t'étais une pute") est sans doute l'un des titres les plus étonnants entendus ces derniers mois. Lil Wayne chante quasiment, la voix agrippée à la mélodie dans des intonations faisant songer à un Prince dont on aurait gratté les cordes vocales à la lame de rasoir. I Feel like dying, hymne à la défonce, fait planer de 0 à 3000 dès les première rimes : "I am sittin on the clouds / I got smoke coming from my seats / I can play basketball with the moon / I got the whole world at my feet / Only once the drugs are done / Den I feel like dying, I feel like dying...." Et La La La a des évidentes effluves de Hard Knock Life de Jay Z, version New Orleans. Et d'ailleurs la comparaison n'est pas fortuite. Weezy se proclame à longueur de morceaux "Best rapper alive". Et son talent devrait effectivement lui assurer une dynastie de succès à la Jay Z, Nas, Biggie, Eminem ou 50 Cent.
Reste à assurer la suite. Dans son bunker bling-bling de Miami, Weezy prépare l'album le plus attendu par les b-boys du monde entier. Kayne West, entre autres, est prévu derrière les manettes. Un premier morceau vient d'ailleurs tout juste de sortir des fourneaux volcaniques des deux rappeurs : Barry Bonds. Annoncé pour 2008, Tha Carter III devrait poser les serres aiguisées du flow de Lil Wayne sur les hits parades mondiaux. Il prévoit d'ors et déjà d'en écouler 5 millions de copies. Présomptueux? Pas sur. Il vient de faire la couverture du prestigieux Fader et le cultissime XXL l'a choisi pour célébrer son dixième anniversaire. Sondée par MTV, l'ensemble de la communauté hip-hop, des rappeurs aux producteurs en passant par les journalistes, vient de lui remettre la couronne qu'il revendiquait depuis ses 14 ans: celle du "meilleur rappeur vivant". A la remise de la distinction, Weezy s'est exclamé: "Ca fait dix piges que je vous le dis les mecs! Mais vous n'écoutez pas..." Lil Wayne est déjà le roi, solidement installé au sommet de ce rap jeu, dans un trône posé sur les nuages. Icare rapologique, il finira bien par se brûler la langue à trop vouloir lécher le cul du soleil. Il le sait et s'en fout : "I'm at the the top of the top, but still I climb / And if i shall ever fall the ground will then turn to wine." Jolie chute...
Vidéos:
Show me what you got, capté en concert et en studio. L'occasion d'admirer la souplesse du flow.
Monstrueux freestyle sur Rap City:
Hustler Musik. Classik!
L'excellent remix de Maket it Rain, titre de Fat Joe dont le succès est essentiellement du à Weezy, auteur du refrain et d'un couplet ravageur où les métaphores pleuvent drues sur le beat. L'occasion de retrouver un R Kelly au sommet de sa forme en pimp classieux et pourtant tellement crado.
9 MM, produit par David Banner. Même Akon passe bien sur cette balle.
Shooter, avec Robin Thicke.
Duffle Bag Boy, son dernier titre clipé, avec Playas Circle. Il fait le refrain. Et ça sauve le titre.
Vidéos:
Show me what you got, capté en concert et en studio. L'occasion d'admirer la souplesse du flow.
Monstrueux freestyle sur Rap City:
Hustler Musik. Classik!
L'excellent remix de Maket it Rain, titre de Fat Joe dont le succès est essentiellement du à Weezy, auteur du refrain et d'un couplet ravageur où les métaphores pleuvent drues sur le beat. L'occasion de retrouver un R Kelly au sommet de sa forme en pimp classieux et pourtant tellement crado.
9 MM, produit par David Banner. Même Akon passe bien sur cette balle.
Shooter, avec Robin Thicke.
Duffle Bag Boy, son dernier titre clipé, avec Playas Circle. Il fait le refrain. Et ça sauve le titre.
mardi 31 juillet 2007
Loki se trémousse sur ... Dude N Nem.

Jeu de jambes
Yes papy! Cadeau! La nouvelle sensation rap de Chicago, c'est un peu Patson en vadrouille dans un strip club d'Atlanta. Dude N Nem, ce n'est pas la suite des aventures de Jeffrey Lebowski dans un restaurant asiatique, mais le blaze de deux lascars faisant vriller les rotules à 360° sur les dancefloors américains. Un titre, un hit. Efficacité maximum. Avec ce Watch my feet complètement barré, le duo replace Chicago sur la carte Michelin du hip-hop, aux côtés d'ATL, Houston, Miami ou SanFrancisco. Dans les années 40, la ville d'Al Capone vibre au son des boites de jazz. C'est le temps de la prohibition et du Steppin. Une danse "marchée", normalement exécutée à deux mais qui, en solo, ressemble à un bon vieux madison. Les Dude N Nem ont exhumé la bête, l'ont révitalisé avec un bon coup d'Air Force 1 dans le cul et en ont tiré le Jukin, une version accélérée et franchement épileptique du Steppin. Le résultat est surprenant. C'est vrai, on a l'air un peu con quand on danse le Jukin. Mais cette connerie assumée et salvatrice fait du bien. On est proche, par le son comme par le style, du fameux "Go dumb" (devient stupide) proné par le mouvement hyphy de la Bay Area. Et bien sur du "get crunk" cher à Lil Jon. Le Jukin des Dude N Nem n'est qu'une énième déclinaison, à Chicago cette fois, de ce son dirty qui envahit les charts américains. Brut, binaire, décomplexé et sans le moindre message si ce n'est celui de se faire plaisir. Avec le crunk, le hyphy, le jukin, la booty ou la snap music, le hip-hop retourne enfin dans les clubs s'en payer une belle tranche, s'envoyer des litres d'alcool dans l'estomac, remplir ses poumons de weed hydroponifiée, descendre des bouteilles entières de codéine et gober quelques extas (écouter le prodigieux morceau des Bone Thugs N Harmony à ce sujet...). Et surtout se trémousser comme un abruti. Comme si, après avoir revendiqué, combattu, lutté pendant des années pour son droit à l'expression, il s'accordait le droit de souffler et de s'éclater, comme au bon vieux temps des premières block party, sur des rythmes simples et entraînants comme un Planet Rock. Alors sort tes lunettes blanches p'tit Martin (Copyright Roi Heenok), tes tee-shirts à grosses lettres, tes baskets fluos et lance toi dans une bonne session de Jukin! La révolution attendra bien encore une nuit...
Dude N Nem, Watch my feet:
lundi 16 juillet 2007
Loki se gave de ... Mark Ronson

Marchand de bonbons
Vous cherchiez une gentille saveur sucrée à glisser dans vos oreilles cet été? Un petit son frais, léger, consommé en violentes crises de boulimies auditives puis aussitôt oublié? Mark Ronson a ce qu'il vous faut. De la zic qui fait "pop" dans l'oreille et zizir aux tympans. C'est vrai, sur la photo sélectionnée par le sieur Loki, l'homme ressemble plus à un Columbo sur la fin où un clochard sur le retour, qu'à Daddy Suc.
Pourtant, avec Version, son second album, Mark Ronson livre une bonbonnière pleine à craquer de joyeusetés pour vos palais. Ce Londonnien de naissance, fils d'une glorieuse lignée d'artistes en tous genres, a émigré vers la grosse pomme dès 8 ans. Torgnole hip-hop dans la gueule dès l'adolescence, le voilà deux platines sous les bras écumant les clubs de la capitale. Il devient un DJ respecté pour son éclectisme et sa musicalité. C'est là qu'il développe son fumeux concept de "ghetto metal" étiquette fourre-tout qu'il colle sur sa marmite sonore. En gros, Mark mélange tout. Avec lui, il n'existe plus qu'un sur-genre mondial planant très haut au dessus des clivages, là où scintillent les 3 lettres du mot POP. Après avoir travaillé comme producteur pour diverses célébrités de gros calibre, il sort en 2003 un Here comes the fuzz sympathique mais fade. Le Mark a compris: il faut plus de sucre, de crème et de chantilly. La recette est simple: reprendre des titres plus ou moins connus en y ajoutant ces savoureux ingrédients. Quelques expérimentations plus tard, voici donc Version, pièce montée plus chargée que celle du mariage d'Axl Rose dans November rain.
Le résultat est surprenant. Reprenant sans ambages les chansons les plus grillées, Mark Ronson les arrondit en ajoutant de la basse (celle de Stu Zender, bassiste originel de Jamiroquaï), du beat et surtout des cuivres. Beaucoup de cuivres. C'est léger, acidulé et furieusement addictif. Sous sa patte, le Toxic de Britney Spears devient une balade soul éreintée par la voix d'ODB, le Valerie des Zuttons prend la chaleur incandescente d'Amy Winehouse, le Stop Me des Smiths trouve une seconde (première?) jeunesse et le Just de Radiohead sonne, comble de l'hérésie, incroyablement gai. Bien sur, on est loin de la pâtisserie fine et les desserts de Mark Ronson peuvent porter sur l'estomac après une consommation abusive. Mais déguster le superbe Oh my god de Lilly Allen, cover d'un morceau sans saveur des Kaiser Chiefs, c'est s'offrir un petit moment d'extase, puissant et éphémère, comme le contact du chocolat sur vos papilles.
Et quand, en prime, le bonhomme dégaine des clips plus réussis les uns que les autres, on ouvre les yeux, les oreilles, et on savoure. Miam....
Oh my god, feat Lilly Allen. La peste se la joue Jessica Rabbit. Très classe. Dans la salle de ce club cartoonesque, on peut reconnaître quelques uns des principaux collaborateurs de Ronson: Wale, les Kaiser Chiefs, Stu Zender entre autres.
Stop me, titre des Smiths à la base, chanté ici par Daniel Merriweather.
L'excellent Just de Radiohead.
Toxic sur scène. Ronson est à la gratte, Zender à la basse, Merriweather au micro et Wale, rappeur de DC dont le buzz crève le plafond, reprend les parties d'ODB. Le titre original avec le regretté "bâtard sale" est à écouter absolument.
Valerie, perfomée par Amy, absente du clip sans doute pour cause de déglingage avancé. Wale et son flow primesautier ouvre la vidéo. Prononcer "Oualé", le lascar est de Washington DC, pas de Cardiff...
Loki tripe totalement sur .... DG Yola

Légende urbaine
Dans la geste rapologique, il est des attributs qui font monter d'un coup la cote des prétendants au trône. Une balle dans la tronche par exemple. Celle qui a traversé la bouche de DG Yola, fracassant sa mâchoire et laissant deux trous bien nets sur ses joues, aurait pu plomber ses rêves de gloire. Elle est pourtant en train de faire de lui une légende. Avant ce braquage méchamment parti en couille à un carrefour d'ATL (Atlanta), épicentre de la secousse Dirty South et nouvelle capitale du rap mondial, DG Yola avait tout du jeune loup prêt à plaquer ses rimes d'un or massif. Un MC ultra talentueux d'à peine 18 piges, doté d'un flow élastique et mélodique, maîtrisant avec une rare aisance l'art de la punchline meurtrière et, "cerise sur le ghetto" (copyright Mafia K'1 Fry), d'un solide sens du second degré. Avant la balle, maître Yola s'éclatait, distribuait des égotrips puissants comme ce Ain't Gonna Let Up culte dès sa sortie et claquait des freestyles incroyables sur les ondes US. Avant la balle, Yola envoyait un Rollin "so pimpalicious" entouré des revanchards Bone Thugs n'Harmony. Avant la balle, Yola en était une. Après, il est une rafale.
Entrepreneur du ghetto, il a compris en un clin d'oeil le bénéfice qu'il devait absolument tirer du tragique épisode. Pas d'autre choix, évidemment. Peu de temps après son hospitalisation, des vidéos montrant sa douloureuse remise sur pieds, et surtout sur dents, ont fait leur apparition sur le net. Impact immédiat. Explosion des connexions. Buzz tsunamique. Ventes en ascension libre. Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Pas de connerie, Yola est très diminué. Sa mâchoire crispée, masquée par son grill, n'a plus la moindre mobilité. Il siffle des mots entre ses chicots dorés avec conviction mais ses paroles suintent la douleur. Pour l'instant, il semble absolument incapable de rapper, comme l'atteste les passages parlés sur sa nouvelle mixtape Thru the wire qui rassemble des titres, la plupart excellents, enregistrés avant la balle. Mais sa motivation brûlante, sa rage de vaincre et son absence totale de ressentiment, même vis à vis de son agresseur, donnent envie d'y croire. Il va mieux et c'est déjà ça. Les crétins pourront hurler au cynisme, à la violence instrumentalisée, à la vulgarité d'un môme ne pensant qu'à faire du fric et voyant dans sa propre souffrance un moyen d'attirer sur lui les regards. Ils n'auront rien compris. "I'm a get money nigger" scande-t-il à l'envie. Yola était déjà en survie avant la balle. L'énergie du désespoir, c'est sans doute la seule qui n'ait jamais tourné dans son moteur. Un carburant abrasif qui ne cherche qu'une étincelle pour s'enflammer d'un coup. Yola a rencontré la balle. Il s'apprête à brûler de mille feux.
La video de Aint Gonna Let Up, titre prophétique. Malheureusement sauvagement censuré pour les besoins du clip:
Freestyle d'enfoiré sur le son Fly High, impro et punchlines en pagaille, un massacre:
La première video après le passage de la balle. Attention, brutal.
Son myspace est très fourni, la totalité de sa mixtape est en écoute. C'est ici.

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