lundi 9 février 2009

Loki veut des cheveux

Pour se faire une jolie coupe comme les bikers japonais du dernier clip de Peter Bjorn and John. Un Trio suédois révélé en 2006 avec Young Folks, chanson qui aurait pu être sympathique si elle n'avait pas été déflorée par une infernale publicité. Le grand capital nous sodomise les esgourdes. Faudra se pencher un jour sur l'impact de cette musique qu'on plonge sur nos tympans sans qu'on ait rien demandé. Il y a un rapport de désir, d'attente, dans l'écoute d'une belle chanson. En récupérant le moindre titre au fort potentiel, la pub flingue immédiatement cette idée de séduction. Plus de préliminaires, juste du bruit, noyé sous des images crados, envoyé sur nos tronches comme un jet de foutre. C'est sale. Le problème, c'est que les artistes tirent souvent de ces opérations le minimum syndical à la survie de leur art. Sainte merde...
Tout ça pour dire, j'y viens, que de nos amis Suédois, je ne connaissais pas grand chose à part qu'ils sont branchés, sans doute blonds et beaux gosses, que l'un d'eux porte le prénom d'un grand tennisman, ce que je trouve drôle. Oui. Ca faisait quand même un tas de raison très pertinentes pour ne pas chercher à en entendre davantage. Erreur. Parce que ce "Nothing to worry about" est vraiment un très très bon titre. je sais, c'est un peu plat comme formule. Mais j'ai le sac à métaphores complètement vide. Le clip prend de l'altitude capillaire en suivant les bottes d'un gang de bikers japonais bien barré. Le plus fou, c'est que ces types existent vraiment! On les appelle les Hurajaku. Une vidéo qui donne incontestablement la banane. Je sais, c'est nul. Lundi matin. Voilà.

dimanche 8 février 2009

Loki envoie d'la boucherie

Quand les pisses froid font dans la dentelle, Loki envoie d'la bonne crépine de porc, du steak bien saignant, de la tripe et beaucoup de gras. Bienvenue chez 25g et Alkapote, les garçons bouchers du rap français. Jean-Luc Petitrenaud, passe ton chemin, c'est pas de la grande gastronomie que tu vas déguster ici mais de la cuisine violente qui tient au corps et reste sur le bide. "Y'a pas d'heure", c'est un peu la suite de "Cabochards" clip posté il y a quelques mois. Comme une bonne série hollywoodienne, l'épisode 2 est encore plus déglingué. 25g et Alkapote rajoutent des tonnes de bidoches dans le gore, du verbe à la gerbe. C'est crado, répulsif et pourtant jouissif. Poelvoorde musique, le seconde degré au premier plan, comme seule et unique grille de lecture. Cherchez pas de message, de revendication, de prise de position: les deux lascars veulent juste choquer et se faire plaisir. L'imagerie franchouillarde, très pastis et saucisson, halal ou pas, tranche à la hachette le tout venant. Du rap qu'a d'la moustache et du marcel.
25g est décidément un type étonnant. Son flow se limite à des phrases bourrées de saloperies, souvent sans verbe, balancées comme des flash visuels. Vraiment dégueulasse. Et pourtant, y'a quelque chose de jubilatoire dans cette explosion de secrétions en tous genres. Un peu comme une bonne partie de GTA. Un grand défouloir ou tout devient subitement permis. Le genre de son à envoyer à Eric Zemmour par exemple, ou Benabar tiens. Même s'il se fait discret ces derniers temps. Prépare un mauvais coup à mon avis, comme une chanson contre la famine, l'injustice ou les avalanches. 25G. D'la moustache.